Le ROI de l’autopartage en entreprise mesure les gains nets du projet par rapport à l’investissement engagé. Mais comment le calculer ? On vous explique.
Pourquoi calculer le ROI avant de déployer l’autopartage en entreprise ?
Pour connaître les gains nets de votre projet d’autopartage par rapport à l’investissement engagé (donc votre retour sur investissement), une nécessité s’impose : opérer les calculs sur un périmètre suffisamment large. Ainsi, la première étape consiste à définir le scénario de référence : ce que coûterait l’organisation actuelle sur la période étudiée en tenant compte des renouvellements déjà prévus. Bien entendu, ce scénario doit couvrir les mêmes missions, avec un niveau de disponibilité acceptable.
Les coûts à prendre en compte
Véhicules et contrats
Le coût total de possession (TCO) dépasse le seul prix d’achat puisqu’il comprend les dépenses liées au véhicule pendant son utilisation. Il vous faut donc intégrer :
- les loyers ou l’amortissement
- l’entretien
- l’assurance
- la fiscalité applicable
- le stationnement.
Attention : Une réduction du parc peut entraîner des frais de restitution anticipée, de remise en état ou de dépassement contractuel. Ces dépenses doivent apparaître au moment où elles sont supportées. Enfin, une valeur de revente éventuelle relève du calcul d’investissement, sans devenir artificiellement une économie annuelle récurrente.
Énergie et infrastructure
Carburant et électricité doivent être calculés à partir des distances prévues et d’hypothèses de consommation explicites. Une voiture partagée peut parcourir davantage de kilomètres qu’un véhicule attribué : son coût énergétique unitaire peut donc augmenter alors que la dépense globale du parc baisse.
Pour une flotte électrique, ajoutez les bornes, les travaux, la maintenance et les abonnements éventuels. Précisez ce qui est payé au démarrage et ce qui revient chaque année.
Attention : Les aides ne doivent être intégrées que si leur obtention et leur montant sont suffisamment établis.
Gestion et exploitation
La plateforme de réservation, les équipements d’accès, le nettoyage, l’assistance et la coordination interne ont un coût. Une offre d’autopartage en entreprise peut donc regrouper certains postes : vérifiez le contrat pour éviter de les compter deux fois.
La formation et la communication de lancement appartiennent aussi au budget. Enfin, les déplacements couverts par une solution extérieure doivent être inclus, même si leur facture relève d’un autre service comptable.
Du TCO au TCM : Mesurer la mobilité rendue
Comme l’explique Arval, si le TCO renseigne sur le véhicule, le TCM élargit le regard à l’ensemble des déplacements. Donc aux dépenses de mobilité des collaborateurs, notamment les voitures, le train, les transports collectifs ou la location.
Dans l’autopartage, plusieurs utilisateurs accèdent successivement à une même voiture. Le nombre d’utilisateurs est donc un indicateur utile, mais il ne définit pas à lui seul le TCM. Diviser un loyer par dix personnes ne suffit pas à démontrer une économie si les besoins restent mal couverts.
Pour comparer les scénarios, suivez le coût par déplacement et, lorsque cela a du sens, le coût par utilisateur actif. Vérifiez simultanément la disponibilité. Une réduction du budget obtenue au prix de missions abandonnées ne correspond évidemment pas à un service équivalent.
Quelle formule utiliser pour le ROI ?
Sur une période donnée, une méthode consiste à calculer le gain net cumulé, puis à le rapporter à l’investissement initial. Le gain net est alors :
Économies nettes de fonctionnement cumulées − investissement initial / investissement initial × 100 = ROI sur la période
Mais d’autres calculs rapportent les gains à l’ensemble des dépenses du projet. Si le dispositif ne nécessite aucun investissement initial et repose uniquement sur un abonnement, mieux vaut comparer les coûts cumulés des scénarios plutôt qu’utiliser cette formule avec un dénominateur nul.
Un exemple chiffré
Prenons un exemple. L’organisation actuelle d’une entreprise X coûte 120 000 € par an : 110 000 € pour la flotte et 10 000 € pour les autres déplacements. Le projet partagé revient à 90 000 € annuels, dont 75 000 € pour la flotte et son exploitation, et 15 000 € pour les solutions complémentaires.
L’économie annuelle nette atteint donc 30 000 €. Le projet nécessite également 20 000 € de dépenses initiales pour l’installation et le lancement, supposées entièrement décaissées au départ.
Sur trois ans, les économies de fonctionnement représentent 90 000 €. Après déduction de l’investissement initial, le gain net atteint alors 70 000 €. Le ROI est de 350% : 70 000 divisés par 20 000, puis multipliés par 100.
En combien de temps amortir le projet ?
Le délai de retour simple (ou payback) rapporte l’investissement initial aux économies annuelles nettes. Dans l’exemple que l’on vient de prendre, 20 000 € divisés par 30 000 donnent environ huit mois, si les économies sont régulières et immédiates.
Un démarrage progressif allonge ce délai. Si l’économie annuelle tombe à 15 000 €, le retour simple passe alors à seize mois. Moralité : mieux vaut donc tester plusieurs hypothèses. Comme une adoption plus lente, des frais contractuels, une hausse des coûts ou un besoin de solutions externes supérieur aux prévisions…
Bon à savoir : Le payback simple reste un repère facile à lire, mais ne décrit pas à lui seul la rentabilité du projet. Pour une analyse financière complète, les flux peuvent être actualisés et leur calendrier détaillé.
Les KPI à suivre après le déploiement
TCM, coût par trajet, utilisateurs actifs et utilisation du parc éclairent les économies. Les réservations refusées, retards et immobilisations renseignent sur la qualité de service. Et, bien sûr, un bilan régulier vous permettra d’ajuster le nombre de voitures ou les règles d’usage.
FAQ
Quels coûts intégrer dans le ROI ?
Les dépenses initiales et récurrentes, les frais contractuels et les mobilités complémentaires. Vérifiez les prestations incluses dans l’offre pour éviter les doubles comptes.
Quelle durée retenir pour mesurer le ROI ?
Une durée cohérente avec les contrats et l’investissement. Plusieurs années permettent d’intégrer le démarrage, mais les hypothèses doivent être révisées avec les dépenses observées.
Comment calculer le payback ?
Divisez l’investissement initial par l’économie annuelle nette pour un délai simple. Si les économies varient, cumulez les flux mois par mois jusqu’à couvrir l’investissement.
Quels KPI suivre ?
Le TCM, le coût par trajet, l’usage des véhicules, les utilisateurs actifs et les demandes non satisfaites. Les indicateurs financiers doivent rester associés à la disponibilité du service.



