Une flotte automobile est surdimensionnée lorsque le nombre de véhicules dépasse les besoins réels des collaborateurs. Mais avant de penser suppression, reste tout de même à vérifier les usages et les demandes simultanées. Car un parc peu sollicité en général peut toutefois rester indispensable aux heures de pointe. Voici quelques recommandations toujours utiles à connaître.
Qu’est-ce qu’une flotte surdimensionnée ?
Le nombre de salariés ne suffit pas à déterminer la taille d’un parc. Deux entreprises de même effectif peuvent avoir des besoins très différents selon leurs métiers, leurs implantations et la fréquence de leurs déplacements. La gestion de flotte automobile doit donc partir des missions à relever, puis déterminer les véhicules nécessaires.
Attention toutefois : une voiture utilisée occasionnellement peut très bien répondre à une astreinte, transporter un équipement particulier ou garantir les urgences. Il n’est donc surtout pas question de la supprimer.
Bref, selon les recommandations de l’ADEME, croiser les besoins de mobilité avec les métiers et auditer les véhicules sous-utilisés s’avère indispensable, tout l’enjeu étant de distinguer une réserve justifiée d’un parc qui ne serait conservé que par habitude.
Sept signes à surveiller
1. Des véhicules longtemps immobilisés
Au sein de votre flotte, des voitures restent régulièrement au parking alors qu’elles sont disponibles ? Cette situation mérite un examen attentif. Car un véhicule inutilisé continue de générer des dépenses. S’agit-il d’un manque de besoins, d’une affectation trop restrictive ou d’un obstacle à la réservation ?
2. Un faible taux d’utilisation
Dix heures d’utilisation pour quarante heures de disponibilité représentent un taux d’usage réel de 25%. Bien entendu, ce résultat changera si le calcul porte sur la semaine entière, nuits et week-ends compris. De même, les heures réservées et celles réellement utilisées doivent être distinguées. Et pour cause : une réservation couvrant toute une journée peut masquer un déplacement de deux heures.
3. Des coûts élevés par véhicule utilisé
Loyers ou amortissement, assurance, entretien, énergie, stationnement et gestion doivent être rapprochés du service rendu. Un coût élevé par kilomètre constitue une alerte. Pour autant, ne prenez pas de décision trop rapide. Une voiture dédiée à des déplacements courts peut rester très utile. En clair, comparer le coût par trajet ou par journée d’usage vous permettra d’éviter une lecture uniquement kilométrique.
4. Des doublons entre services
Deux équipes disposent parfois chacune d’un véhicule de réserve, alors que leurs déplacements se produisent à des horaires différents. Certes, chaque service jugera son équipement nécessaire, mais – à l’échelle de l’entreprise – les besoins peuvent être couverts par un même pool.
Il s’agit donc de vérifier la proximité des équipes, les horaires et la compatibilité des véhicules. Évidemment, mutualiser deux voitures stationnées sur des sites éloignés créera davantage de contraintes que d’économies.
5. Un kilométrage durablement inférieur aux prévisions
Des contrats de location dimensionnés pour une activité intense peuvent devenir inadaptés après une réorganisation ou davantage de rendez-vous à distance. Un écart récurrent entre kilomètres prévus et réalisés vous invitera à revoir les contrats et les affectations.
Attention : Une baisse temporaire d’activité ne justifie pas nécessairement une réduction durable du parc. Comparer plusieurs périodes vous permettra de repérer un éventuel creux saisonnier.
6. Des solutions externes utilisées malgré des voitures disponibles
Certains de vos collaborateurs prennent un taxi ou louent une voiture alors que des véhicules de l’entreprise restent au parking ? Ce paradoxe peut révéler un fonctionnement cloisonné. Par exemple :
- des droits d’accès limités
- une absence de visibilité sur les disponibilités
- une récupération des clés trop compliquée.
Avant d’ajouter un nouveau véhicule à votre parc, mieux vaut donc chercher ce qui explique la situation actuelle.
7. Des renouvellements automatiques sans réexamen des besoins
Remplacer chaque véhicule en fin de contrat maintient mécaniquement la taille de la flotte. Mais chaque échéance devrait plutôt être l’occasion de confronter l’usage observé aux besoins futurs. Ainsi, une voiture rarement utilisée pourrait être réaffectée, intégrée à un pool ou ne pas être remplacée.
Comment vérifier le surdimensionnement avec les données ?
Votre diagnostic devra réunir réservations, trajets, kilomètres, coûts et indisponibilités sur une période représentative. Et plusieurs semaines pourront être nécessaires pour constituer un premier relevé. La raison est simple : une activité saisonnière nécessitera forcément une comparaison plus longue. Il s’agira également de recueillir les déplacements abandonnés faute de véhicule, souvent absents des historiques.
Le point décisif ? La simultanéité. Huit voitures généralement peu utilisées peuvent toutes être nécessaires le mardi matin, par exemple. À l’inverse, huit véhicules dont seuls trois roulent en même temps peuvent offrir un potentiel de mutualisation.
Bon à savoir : Cette approche complètera parfaitement les indicateurs disponibles dans une solution d’autopartage en entreprise. Elle permettra de dimensionner un service autour de la demande, plutôt que de fixer un objectif arbitraire de réduction de votre flotte.
Quelles alternatives à une réduction brutale de la flotte ?
Une première étape consiste à
- ouvrir un pool à plusieurs services
- améliorer la réservation
- réaffecter les véhicules.
Le parc peut ensuite diminuer progressivement au fil des échéances contractuelles.
Un pilote vous permettra de tester le dispositif sur site. Les pics exceptionnels pourront être couverts par la LCD ou par un autre mode adapté, à condition d’en intégrer le coût.
FAQ
Quel est le bon taux d’utilisation d’une flotte ?
Il n’existe pas de taux universel. L’objectif dépend des horaires, des métiers et de la méthode de calcul.
Comment mesurer une sous-utilisation ?
Un seul indicateur ne suffit pas. Croisez la durée réelle d’usage, les kilomètres, les réservations et les demandes simultanées. Comparez des périodes représentatives et distinguez les véhicules disponibles des voitures immobilisées pour raisons techniques.
Comment réduire une flotte sans pénaliser les équipes ?
Testez la mutualisation, conservez une marge de sécurité et réduisez progressivement le parc. Suivez les demandes refusées, les coûts externes et les retours des utilisateurs avant de généraliser le dispositif.
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